The world sinks except Japan
2007-07-23 - Par Olivier Bonenfant

Note: 75% Que ce film à causé un froid dans la salle après sa présentation. Ce n'était pas que le film était si offensant au niveau de son contenu c'est que plusieurs ont trouvé que le film était maladroit dans sa méthode de livrer ses messages et/ou que le film était simplement endormant.
 


 
 
 


 
La suite

Pour ma part, j'ai bien aimé le film mais si c'est évident que j'ai très peu ri comparé à ce que je m'attendais du film; des attentes basées sur l'hilarant Calamari Wrestler, un bijou absurde du même réalisateur présenté en sa présence à Fantasia 2005.

Les événements et dialogues de ce film ne provoquent pas spécialement de fous rires attendus chez une comédie mais provoquent quand même beaucoup de réactions. Dès le début, c'est aussi clair que c'est une grosse farce japonaise et que l'ont manquera beaucoup de blagues et de références simplement par le fait que nous n'avont pas tout le contexte social du Japon et leur protectionnisme contre les "Gaijins". Le concept: les États-Unis, directement présentés dès le début comme les king du monde, coulent sous l'eau et la population des États-Unis doit émigrer vers le reste du monde. Les grand pays du monde acceptent un nombre précis d'immigrants, quelques millions ou dizaines de millions mais c'est surtout la folie furieuse pour se sauver des États-Unis et les américains chanceux finissent avec un status de réfugié dans un autre pays. Rapidement, tous les pays sauf le Japon tombent et là c'est le bordel total. Toutes les monnaies des autres pays ne valent presque plus rien immédiatement et les gaijins au Japon sont rapidement traités en esclaves avec en bonus de belles scènes ridicules d'une esclave américaine aidant son maitre japonais à aller aux toilettes et en lui demandant si ce qu'il veut faire c'est un numéro 1 ou un numéro 2. C'est le bordel pour les acteurs et actrices américaines qui sont habitués d'être importants et riches dans la société et qui se retrouvent à ne plus rien valoir à l'échelle des japonais... et c'est le cas de tous les gaijins.

Le film se plait surtout à présenter le sort d'un acteur prétencieux et riche et de sa femme, actrice aussi. Évidemment que ces passages stimulent notre plaisir à voir du monde qui pétent plus haut que le trou pour ensuite les voir redescendre rapidement aux enfers... le film gère par contre très bien l'humanité de ces deux personnages ... j'y reviendrai plus tard. Dès le départ, il y a de belles réflexions dans le film sur les catastrophes planétaires ou plus précisément les réactions protectionnistes et/ou la politique d'immigration actuelle du Japon. En tant que Québécois, nous ne nous sommes interrogés dernièrement sur les accommodements raisonnables (ou on peut dire que nous nous sommes fait marteler d'accommodements raisonnables par les médias). Reste que la question est actuelle et pertinente; quel est l'équilibre en l'immigration, l'assimilation forcée, la liberté et la tolérance. Il est clair qu'une société qui accepte l'immigration de masse doit être beaucoup plus tolérante car on ne peut jamais garantir que l'immigré s'intègrera parfaitement dans sa nouvelle société surtout en lui laissant un degré de liberté adéquoit; il est même très libre de détester sa terre d'accueil. À l'opposé, quand on force l'assimilation, on brise la tolérance et on brime les libertés de l'immigré pour en principe garder équilibrée l'environnement de cette société unifiée. Voilà, c'est une décision à prendre et c'est encore une fois une décision libérale ou conservatrice (aucun rapport avec les partis politiques canadiens). Dans le film, beaucoup de répliques vont en ce sens... les japonais du film ont choisi d'assimiler tout le monde face à la menace de milliers de cultures autres que japonaises. Ce qui est amusant et moins compliqué dans le film, c'est qu'on met face à face les cultures américaines et japonaises, c'est tout. C'est logique étant donné qu'un des enjeux mondiaux depuis le début du siècle a toujours été de limiter les dégats de la culture américaine sur les cultures et les économies locales. Par exemple: le gouvernement de la corée a limité longtemps par des lois la proportion de films américains. Sinon des mouvements populaires (et internet) banissent souvent les films américains épais et c'est une bonne chose. Pourtant, à la base c'est une culture avant-gardiste. On entend parler (et beugler) les américains à propos de leur liberté. Illusoire ou non pour les américains la liberté en tant que tel est une valeur qu'ont chéri tous les peuples qui se sont séparés d'une emprise ou d'un empire (amusant comment les deux mots se ressemblent). Au Québec, nous avont longtemps été persécuté par les canadiens anglophones; on voulait se séparer. Maintenant, par la diplomatie, par la modernité, les problèmes sont minimisés, mais ça c'est un autre histoire; c'est de la politique québecoise. Bref, le mouvement fondateur des États-Unis c'était la liberté contre les anglais. C'est possiblement la meilleure nuance avec la culture américaine et mondiale américanisée; nous gardons ce qui est de meilleur et l'assimilons à notre folklore, et critiquons le reste quand ça dépasse les limites et c'est normal, de bonnes idées resteront à travers le temps de bonnes idées. Là la liberté devient une justification pour bombarder l'Iraq et/ou un mot motivant pour unir les américains, pour montrer plus de drapeaux ou pour piler sur les autres et manquer de respect. Peu importe que l'amérique se porte l'emblême mondiale de la liberté même si c'est une tendance évolutive qui n'est certainement pas qu'américaine, j'en arrive au point.

Le film aborde ces sujets parfois d'une facon détournée, sinon c'est de plein front que ces idées sont abordées. Une des valeurs américaine (je vous rappelle que le film est de base un clash des valeur japonaises et américaines) qui sort gagnante dans le film est à propos de l'égalité des femmes. Premièrement, on s'entend pour dire que le Québec a été vraiment en retard là dessus (le droit de vote, le québec rural) et qu'une couple des pays du moyen orient n'ont pas encore compris le concept de respecter une femme et de la laisser libre (l'emprisonnement/exécution pour adultère...). Au Japon, on dirait que la société se prélasse dans une définition de l'équibre du couple qui parait ou paraissait équilibrée: le gars travaille et paye pour tout, la femme lui fait à manger, l'aide dans son travail et élève les enfants. Dans le film, on présente l'orientale comme étant une femme docile et obéissante... gérée parfaitement dans un environnement masculin. C'était les mêmes valeurs d'une facon universelle. Moi je me rappelle des valeurs des Pierrafeux, de Délima (même si elle était plus intelligente que Fred Cailloux), des cours d'histoire... Le film présente à travers ce conflit mondial des micro-histoise qui vont en ce sens. Sans vouloir révéler de punch, une occidentale mariée à un oriental qui profite de la crise mondiale pour se prendre 3 esclave sexy américaines le laisse à cause qu'elle rencontre l'acteur américain superficiel que je mentionne plus haut dans ma critique. Elle est occidentale mais profite des avantages d'être une japonaise en étant mariée à un Japonais. Elle croise donc l'acteur américain superficiel sans le sous et dans la rue. Elle lui parle de ses premier films, de comment elle était tombée en amour avec ses personnages. Il est flatté et humble face au compliment. Il répond gêné que ces rôles correspondent à ses débuts qu'il aimerait oublier car c'était des rôles ridicules. Elle lui rétorque qu'après ces films elle ne l'a plus aimé car il s'était éloigné de ses vraies valeurs et donnait l'impression d'être fake et prétentieux. Elle lui dit que cette lueur d'antan est de retour maintenant dans ses yeux. Il aquièce et répond: "C'est que je me remet à avoir faim..." C'est donc cette femme occidentale qui finit par quitter son mari oriental traditionnel (la femme obéissante, le repas déjà prêt en arrivant... etc.) pour choisir de vivre déportée et en danger avec l'acteur redevenu humain et émotif à cause de sa vulnérabilité. Dans la dernière tentative de son mari de la retransformer en femme au foyer docile il lui dit: "Si tu vas avec lui ailleurs qu'au Japon, tu pourras te faire violer par des sauvages". Elle lui répond qu'elle aime mieux ça que de subir la même chose au Japon.

Avec mes dérapages, on dirait que c'est un film intensément sérieux et politisé... non, pas du tout, c'est un film ironique, absurde, parfois trop long. Mais en dérapant longtemps sur les sujets et les jokes insérées un peu partout, il y a assurément du bon matériel et c'est ce qui m'a fait aimer le film par dessus tout. C'est, je pense, la magie du film; donner beaucoup de sens différents à des événements présentés. Est-ce que le film était une critique de la domination américaine mondiale, une critique des valeurs superficielles en général, une critique des valeurs japonaises traditionnelles, une critique du "stardom" et de l'élite artistique, une critique de Bush et Rumsfeld (le premier ministre japonais et son ministère de la défense agissent pareil!), une critique du traitement hostile entre le Japon, la Corée et la Chine ou une ... arGG

C'EST TOUT EN MÊME TEMPS! C'est un film hostile, méchant, raciste, intense... mais qui reste quand même une bonne représentation des pires comportements en général. J'ai bien aimé.

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2007-07-23 - Par Olivier Bonenfant

La face cachée
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