Haute Tension
2004-08-03 - Par Olivier Bonenfant

Note: 65% - Haute tension fait partie du nouveau cinéma francais, du cinéma qui ne fait pas d'hostages, du cinéma intense et désabusé. Le film est en plus l'un des seul film d'horreur sorti au cinéma à être classé NC-17, le classement le plus élevé aux États-Unis. Avec un mystère entourant encore le film et des critiques parlant d'un film vraiment effrayant aux diverses surprises, j'avais beaucoup d'attentes.
 


 
 
 


 
La suite

Tout d'abord, je dois dire que les logos de Digital Factory et de Europa films sont tout simplement sublimes.

"J'laisserai plus personne se mettre entre nous".
Le film débute par une séquence de rêve tout à fait mystérieuse. On y voit Marie dans un bois, blessée, se sauvant d'une menace indéterminée. Elle arrive à une voiture et demande de l'aide. Ces séquences sont entrecoupées du générique d'introduction qui est tout aussi sublime. Les graphismes, la musique et l'ambiance de ce générique viennent dès le départ poser le ton au film; un ton angoissant et dur. Marie se réveille et raconte son rêve à Alex, son amie. Elles sont dans une voiture et vont toutes deux chez la famille de Alex. Ces scènes en voiture tout le long du voyage servent à montrer l'amitié certaine entre Alex et Marie.

Arrivées chez les parents, dans un coin reculé de la campagne, elles continuent à discuter de "mecs" et la nuit tombe. Dans la maison il y a Marie, Alex, le père, la mère, et Tom, un ptit cowboy d'environ 8 ans. Plus tard dans la soirée, quand tout le monde est couché, le tueur cogne à la porte. C'est le père qui se lève et qui va répondre. Essayer de décrire avec quelle brutalité il se fait ensuite tuer serait ne pas rendre justice à cette scène délicieuse. À partir de ce moment, on commence vraiment à avoir peur pour le personnages.

La demi-heure suivante est dédiée l'attaque du tueur dans la maison. C'est une demi-heure intense et stressante dans lequel chacun des personnages tente de survivre, de se cacher, etc.. Contrairement aux "Scream" et autre slasher movies du genre dans lesquels les scènes et les décors se succèdent à un rythme effrenné, Alexandre Aja n'utilise que quelques lieux principaux dans tout le film et les exploite au maximum d'une manière efficace. Son rythme est lent comme celui du tueur mais jamais endormant. Bref, Haute Tension est un film bien exécuté.

Le tueur est humain, gros et laid. Il ne porte pas de masque et il n'est pas particulièrement impressionnant non plus. Alexandre Aja nous montre souvent son visage et quelques unes de ses expressions faciales. Il est interessant de voir qu'importance n'est pas portée sur lui et son mystère mais bien plus sur la survie immédiate des personnages. Haute Tension nous épargne d'avoir à "chercher le tueur". Le tueur est là, il n'a vraiment pas l'air d'avoir de motif, ni d'être particulièrement fou mais il est extrèmement brutal et rigoureux dans ses recherches de proies cachées. C'est ce retour à la base de la peur qui marche si miraculeusement bien ici. En fait, il porte une salopette et a l'air d'arriver tout droit de sa ferme. Le film se continue dans une station service dans des circonstances que je vais garder secrêtes. Encore à ce moment du film, la tension est soutenue et les situations réalistes.

Je suis vraiment en train de faire la critique d'un bon film.

FAUX

Arrêtez de lire si vous ne voulez pas avoir les détails de ce qui arrive ensuite. Je ne révèle pas directement les retournements de situation mais je les critique très sévèrement.



Du sabotage, du sabotage complet et total. Le hype de ce film tourne aussi autour du "punch" étrange qui arrive vers la fin du film. Alexandre Aja, scénariste ET réalisateur, trouvait probablement son histoire trop simple. Je me demande ce qui a bien pu se passer dans sa tête pour qu'il sabote son scénario comme il a pu le faire. C'est peut-être une demande des producteurs. Mieux, c'est peut-être de la paresse au niveau du montage et de la réalisation. Peut-être que plusieurs scènes clés ont été laissées de côté. C'est très peu probable, nous sommes plutôt laissés avec un punch garroché au visage comme un flacon d'acide et qui ne s'explique pas vraiment d'une manière logique. C'est comme s'il y avait un punch juste pour le plaisir d'en mettre un. En terme de sabotage, le retournement de situation vient carrément contredire la moitié du film. Je réitère que de tenter de comprendre le déroulement réel de certaines scènes après le punch devient un véritable cauchemar.

Une des plus belles façons de réaliser un film est de jouer avec son auditoire, les mener à l'aide de fausses apparences, les laisser se bâtir des hypothèses, des histoires, des explications pour ensuite leur offrir la vérité. Un bel exemple est le film français "À la folie... pas du tout" mettant en vedette Audrey Tautou. La manipulation de la réalisatrice, Laetitia Colombani, dans ce film est si merveilleuse que l'auditeur, après qu'il ait appris la vérité, l'accepte immédiatement comme on accepte notre sort quand on s'est fait jouer un bon tour. Ça installe en plus une belle complicité entre le réalisateur et son auditoire: "Je vous ai pogné mais maintenant j'explique comment j'ai fait pour vous pogner aussi bien." Dans Haute Tension, on a pas le choix de rejeter systématiquement le punch tellement il est forcé, c'est donc de la déception qui s'installe en fin de film au lieu de la complicité. C'est une grande chance que la déception du punch est accompagnée de la scène la plus jouissivement sanglante et folle de tout le film.

Alexandre Aja signe une production sale et brutale comme a pu l'être Texas Chainsaw massacre. On y retrouve dans Haute Tension le même climat malsaint, l'opression et l'isolation du milieu rural étrange dans lequel les personnages principaux se retrouvent. La fin est malheureusement merdique.


2004-08-03 - Par Olivier Bonenfant

La face cachée
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